Le privilège
des start-up

Je viens de faire paraître un article dans Le Monde diplomatique pour analyser la manière dont l’innovation technologique sert à justifier des exemptions croissantes aux droits fondamentaux, notamment dans le champ de la surveillance numérique.

Résumé

Cet article, adapté d’une partie du livre Technopolice, revient sur la manière dont le discours de l’innovation et la rhétorique de la disruption sont utilisés pour justifier des exemptions juridiques dans le déploiement de technologies de surveillance (par exemple sous la forme de « bacs à sable réglementaires »), et ce au détriment des droits fondamentaux.

L’analyse montre comment ce privilège de l’expérimentation s’inscrit dans une stratégie délibérée de fait accompli : en déployant rapidement leurs services et en constituant une base d’utilisateurs (y compris publics) avant tout vrai débat public, ces entreprises et les pouvoirs publics cherchent à imposer des technologies controversées pour mieux ensuite légaliser a posteriori leurs pratiques. Cette asymétrie entre temporalité entrepreneuriale et temporalité juridique transforme profondément les rapports du marché au droit, faisant tristement écho aux thèses juridiques de Carl Schmitt.

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Référence : Tréguer Félix, 2025, « Le privilège des start-up », Le Monde diplomatique, février 2025.